Islande 2008
Un land, un rêve,un voyage inoubliable!
Islande, pays de feu et de glace. Jean-loup, Céline, Hélène et leurs parents Elisabeth et Philippe, nous voila!
Depuis huit mois, nous préparons avec plaisir cette nouvelle aventure. Philippe révise le 130. Cette fois encore un gros entretien suffira. Décidément, du haut de ses 165000km, il nous étonnera toujours. Par mesure de précaution, nous emportons avec nous quelques pièces telles que pompe à eau, pompe de direction assistée, cardans, joins et autres consommables. Nous prenons soin de bien vérifier l'étanchéité du snorkel qui sera utile lors des nombreux passages à gué. Afin de faire face aux intempéries nous décidons que les enfants dormiront dans la tente de toit posée sur le hard top et les parents dans la benne aménagée pour l'occasion. Notre choix s'arrête aussi sur l'utilisation d'une tente pouvant s'adapter avec précision à l'arrière du véhicule. Cette dernière, enfin nous l'espérons, doit nous permettre de rester au sec lors de nos bivouacs.
L'itinéraire est préparé suivant l'expérience d'internautes, quelques vidéos et photos trouvées via Google Earth. Le roadbook est minutieusement préparé afin de pouvoir visiter tous les endroits que nous voulons découvrir sans pour autant fatiguer les enfants.
Nous embarquons samedi 28 juin à 22h30 sur le Norrona au port de Hanstholm (Danemark). La mer est calme. Une bonne nuit de repos, bien méritée afin de récupérer les 1000km déjà parcourus, nous fait le plus grand bien. Après 34h de croisière, nous faisons escale trois jours aux Iles Féroé.
Au port de Thorsavn, nous retrouvons notre bateau afin de terminer la traversée (17 heures). Nous débarquons au port de Seydisfjordur sous la pluie et le brouillard et après vérification des douaniers concernant la nourriture et les boissons alcoolisées, nous pouvons enfin commencer nos vraies vacances.
Quel plaisir de trouver un camping après sept Kilomètres de piste ( Camping de Fjallaferðir) : la nature est superbe. Nous sommes seuls au monde, ou presque car après minuit une famille islandaise arrive. Et oui, il fait clair toute la nuit. C’est vrai. Le soleil quitte l’horizon vers 23h30 et réapparait vers 2h30.
Nous continuons notre route vers le sud-est . Cette partie est dominée par le plus grand glacier européen : 8.400 Km carré soit un douzième du territoire islandais et 1 km d’épaisseur de glace par endroits. Le Vatnajökull et aussi grand que la Corse. En islandais, il signifie « glacier des eaux » (vatna pour eau et jökull pour glacier). Nous prenons comme prévu une piste vers une langue du glacier « Hoffellsjökull ». Nous attendons que le brouillard se lève, nous déjeunons … et petit à petit : magique, nous découvrons un lac, des blocs de glace, le glacier. Après une petite randonnée afin d’approcher de plus près et prendre quelques photos, nous retrouvons la route N°1 que nous avons quittée.
Direction Jökulsárlón, le plus fameux et le plus grand des quelques lacs glaciaires en Islande. Il se trouve au sud du glacier Vatnajökull entre le Parc national de Skaftafell et la ville de Höfn. Sa profondeur maximum de 150 m lui donne la troisième place entre les lacs les plus profonds du pays.
Une courte nuit de repos à svinafell (http://www.svinafell.com/) et nous nous dirigeons vers le parc national de Skatafell. Nous prenons une bifurcation sur une piste de 2 km afin d’arriver à une nouvelle langue du glacier, le Svinafellsjökull. Moins impressionnant que le jour précédent. Est-ce dû au brouillard ? Le parc national est un oasis de verdure contrastant avec la pleine grise. Nous parquons le 130 le plus haut possible puis nous allons à pied jusqu’à la cascade de Svartifoss et ses orgues basaltiques très géométriques.
Après la partie Glace, nous attaquons la partie Feu.
Nous campons 2 nuits à Klaustur et là rencontrons un couple islandais bien sympathique. Nous échangeons du poisson séché contre du chocolat belge. Le monsieur, autocariste retraité, nous donne des conseils concernant les différentes pistes du pays, les passages à gué et nous raconte des histoires de trolls. A partir de Klaustur, nous partons en expédition, un jour autour du Lakagigar. La piste fait une boucle de 110 km. D’abord facile, ensuite les passages à gué se succèdent sans pour autant être difficiles. Arrivés au mont Laki, nous continuons le circuit dans les cratères, les déversements de lave, la route cendrée.
Le site suivant que nous visitons est le landmannalaugar. Ce site volcanique est d’une beauté exceptionnelle. Il fait partie de la réserve naturelle de Fjallabak. Nous empruntons la piste 208 pendant 38 km, grandiose : teintes noire (montagnes), blanche (neige), jaune (terres, pleines), verte phosphorescente (mousse), bleue (eau). Et pour la joie des petits et des grands : passages à gué nombreux. Nous passons en 2ème vitesse boite courte car ça éclabousse un peu plus. Nous passons la nuit au refuge du Landmannalaugar et prenons un bain de minuit dans les bassines naturelles d’eau chaude. Instant magique !!! Les sources d’eau chaude et froide se rejoignent et se mélangent.
En chemin, nous avons découvert un grand lac et des cavaliers en randonnée. Le cheval islandais, qui n'est pas un poney (1M25 à 1M45 au garrot) est arrivé en Islande avec les Vikings il y a plus de 1000 ans et n'a jamais été croisé avec une autre race. Il possède la particularité d'avoir cinq allures : le pas, le trot, le galop, le tölt (allure marchée en 4 temps, confortable pour le cavalier qui n'est pas secoué lors d'un trajet long et permettant des vitesses variables) et l'amble. Le tölt est visible par l'allure altière du cheval et par les ondulations régulières de la queue.
Saoulés d’images plus belles les unes que les autres, nous continuons sur la route circulaire vers Vik distant de 93 km. Avant d’arriver à Vik, nous empruntons la route 218 vers Dirholaey. Au parking, à gauche, sur les falaises nichent des macareux. Nous les observons de près. La vue plongeante sur la plage de sable noir est exceptionnelle. A Vik, nous profitons de ce sable noir. C’est vrai qu’il y a du vent mais le soleil brille alors qu’ici il pleut normalement souvent.
Le lendemain, le soleil brille toujours (nous sommes veinards). Après quelques achats souvenirs à Vik, nous choisissons de prendre la route 1 puis la piste 249 jusque Thormörk. La piste nous semble longue (2 heures) et manque d’intérêt par rapport à ce que l’on a déjà vu avant. Sur la piste, il y a beaucoup de cailloux. Evidemment, c’est amusant de passer les gués, ils sont de plus en plus profonds et se passent en première boite courte impérativement. Le débit est tellement important par endroit qu’il est impossible d’aller les sonder préalablement. Nous les passons au moral en faisant entière confiance au véhicule et ses capacités de franchissement. Nous dormons en bout de piste au dernier refuge de la vallée, entre les glaciers Myrdalsjökull et Eyfjallajökull.
Dans la ville de Selfoss, nous nous ravitaillons dans un supermarché et cherchons une batterie à décharge lente pour remplacer la seconde batterie du véhicule. Philippe envoie quelques photos par internet. Après cet arrêt en ville, nous reprenons la route 35 pour Geysir et les chutes d’eau de Gulfoss 9 km plus loin.
Les geysers résultent du réchauffement des eaux infiltrées dans le sous sol par le magma qui, dans les régions volcaniques, remontent très près de la surface. Au contact de ces roches, l’eau se transforme en vapeur et, lorsque la pression devient trop forte, une colonne d’eau bouillonnante et de vapeur se forme et se propulse en un formidable jaillissement... Puis la faille se remplit à nouveau et le phénomène recommence.
La cascade de Gulfoss « la chute d’or » comporte deux niveaux, se jette d’une hauteur totale de 32 m avant de se précipiter dans un étroit ravin orné d’orgues basaltiques. Grâces à des sentiers, nous pouvons approcher de près ces impressionnantes volutes d’eau et quelle chance, admirer un bel arc en ciel sur le site.
Avant de partir en Islande, nous avions préparé le voyage avec soin mais nous n’avions pas pris connaissance de l’existence du club « Island Rover ». Heureusement, un couple suisse voyageant en 110 nous a interpellé à Klaustur en nous annonçant la rencontre annuelle du club islandais. Le club fête cette année ses 5 ans d’âge et les 60 ans de Land Rover les 11,12, et 13 juillet 2008 à Húnaver au nord de l’Islande. Nous approchons de cette date et n’hésitons pas à traverser le pays par le centre. Nous ne pouvons pas manquer un tel évènement. La piste F35 traverse le pays du sud au nord entre 2 glaciers le Langjökull et le Hofsjökull. Il y a beaucoup de cailloux, de remous. La piste s’étend dans un désert de pierres, au loin nous voyons les montagnes, les glaciers. Nous campons au refuge de Hveravellir. Super le décor : marmites de boue, jets de vapeur, et surtout baignade le soir dans une cuvette d’eau chaude sulfurée. Un apport d’eau froide est nécessaire. Le lendemain, il y a beaucoup de vent et l’aide de deux islandais immobilisés par une panne de radiateur sur leur unimog n’est pas de trop pour enlever la tente. Un petit tour du véhicule avant de reprendre la piste nous permet de constater que la chambre à aire arrière droite fuit. Heureusement, pas loin de nous un couple islandais en 110 et allant à la rencontre LandRover contacte un garagiste à Blönduós. Le nécessaire est fait afin de nous permettre de résoudre ce petit problème le plus rapidement possible. Nous continuons donc par la piste F35 puis la route 1 jusqu’à Blonduos. Le garagiste ouvre spécialement son garage le samedi , nous dépanne et le tout pour un tarif tout à fait raisonnable, le sourire en plus.
Aie !!! Un bruit suspect en dessous de la voiture nous signale que la piste fait des ravages. Nous nous installons au camping de Thingvellir où Philippe peut chercher le problème. Il est 1 heure du matin, il fait clair.
Cent quatorze kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à Krisuvik, où il est possible de contempler des phénomènes géothermiques. Nous sommes impressionnés par la diversité des phénomènes observables sur une superficie inférieure à un hectare : solfatares (un type de terrain géologique où se dégage, par des fissures, de la vapeur d'eau contenant de l'hydrogène sulfuré), fumerolles (composées de soufre et de ces dérivés, notamment l'anhydride sulfureux, l'acide sulfurique et le dioxyde de soufre … La température des fumerolles en degrés Celsius va de 100° à plus de 500°), marmites de boues bouillonnantes, dépôts sulfureux et geysers.
Vu les hautes températures, il est vivement conseillé de ne pas s’écarter des sentiers et des passerelles qui permettent d’observer de près. En effet le sol particulièrement fragilisé par la chaleur souterraine peut s’affaisser à tout moment et précipiter les imprudents dans les gueules ardentes. Tout cela est bien fascinant mais l’odeur d’œuf pourri qui se dégage de ce décor inquiétant est nauséabonde. A proximité de Grindavik, une centrale Svartsengi exploite une zone géothermique et permet de chauffer les maisons et l’eau courante de la capitale et de ses environs. Les surplus des eaux de captage de la centrale forme un lac bien connu sous le nom du « Lagon Bleu »
L’eau est puisée à deux kilomètres sous terre où, chauffée par le magma en fusion, elle atteint 240 °C. L’eau est acheminée par des canalisations et arrive à la surface à une température de 70°C environ. Naturellement riche en sels et en silices, l’eau a paru ainsi propice à la création d’un bassin de cure thermale et d’un lieu de détente. La couleur de l’eau est à la fois laiteuse et turquoise. Nous irons aussi goûter au plaisir des piscines extérieures dans d’autres villes et villages. L’eau des sources est toujours chauffée de manière naturelle et les piscines sont agrémentées de sauna, solarium, jacuzzi, et toboggans de toutes sortes.
Nous pourrions visiter Reykjavik, mais le passage au garage LandRover nous a suffit et nous préférons continuer et chercher un camping sympa dans les fjords qui suivent la ville. La nature nous attire plus que les visites en ville. A Bjarteyjarsandu dans le fjord Hvalfjordur, nous trouvons une ferme dont les habitants proposent un service camping. C’est très sympathique : la grange est aménagée et nous pouvons cuisiner, manger, faire la vaisselle à l’intérieur bien au chaud en écoutant de la musique originaire du pays. Beaucoup moins baroudeur mais quel luxe !!! Après un bon petit déjeuner dehors au soleil (et les chiens de la ferme autour de nous), nous partons par la route N1 vers le Nord du pays. Sur une carte touristique que nous avons reçue sur le bateau, Céline, notre fille, toujours avide de nature, et de découverte a repéré un endroit où vivent les phoques. Ils se trouvent sur la péninsule du Vatnsnes. Nous quittons donc ainsi la route circulaire pour la route 72, puis la 711.
En chemin, nous faisons halte dans un camping particulier. Nous pouvons mettre notre tente sur une petite pelouse à coté d’une cabane en bois devant l’océan. Comme décor nous avons des poissons qui sèchent sur des structures en bois devant l’océan. Le poisson séché (harðfiskur) fut longtemps l’alimentation de base de la population et la pierre angulaire du commerce islandais durant des siècles. Actuellement, on en trouve dans tous les magasins d’alimentation. Bien sûr, nous mangeons pendant notre voyage beaucoup de poissons frais, surgelés, séchés ainsi que des crustacés. Simplement cuits à la poêle, ils feront pour nous office de festin.
Nous parcourons donc la péninsule de Vatnsnes en espérant apercevoir quelques phoques. La route fait le tour en longeant la côte, ce qui permet de profiter des multiples points de vue sur la péninsule du Nord-Ouest d’un côté et les cimes enneigées du massif de Laxardalsfjoll de l’autre.
Dans la baie d’Hindisvik, les phoques profitent de la marée basse pour venir jouer sur la grève, tandis que les eiders (oiseaux voisins des canards) et les sternes nidifient au milieu d’une vaste étendue d’élymes de sables, grandes graminées de couleur vert pastel. La lagune est séparée de la mer par une petite dune de sable noir, Pingeyrasandur, dont les flancs ont été également colonisés par cette espèce végétale. L’élyme des sables doit son nom islandais, « melgras » (herbe à farine), au fait que, voisin de l’orge, elle servait jadis à faire de la farine. Aujourd’hui, les agronomes l’utilisent pour peupler les immenses étendues désertiques du centre de l’Islande. En effet, sa capacité à retenir le sable permet de freiner l’érosion du sol et d’encourager l’apparition de plantes fourragères.
Au nord d’Osar, sur la côte Est, surgit des hauts fonds rocheux une étonnante arche de basalte blanchi par le guano, Hvitserkur (la chemise blanche). Selon la légende, ce portail naturel serait un troll, transformé en pierre par le soleil (les trolls ne peuvent pas survivre à l lumière du jour) alors qu’il se rendait au monastère de Pingeyrar pour le détruire.
Notre objectif suivant est la ville de Husavik, la capitale d’observation des baleines en Europe. Pour y arriver, nous ne prenons pas la route 1 car nous aimons longer l’océan. Le détour par la route 76 vaut la peine : beaux paysages de fjords, océan, prairies vertes, chevaux et visite de la ville de Siglufjördur (http://www.siglo.is). Cette ville, la plus au nord de l’Islande, localisée au fond d’un fjord, adossée à de splendides montagnes émaillées de neige, compte près de 2000 habitants mais sa population ne cesse de décliner. Ancienne capitale du hareng, elle est victime du déclin de la pêche qui frappa l’ensemble du littoral. Aujourd’hui la pêche à la crevette est plus lucrative. Devant le musée du hareng, sur un fond d’accordéon, 2 femmes nettoient les poissons, salent, un homme cercle le tonneau et le ferme sur l’air amusé des passants. Avant de nous rendre à Husavik, nous faisons un petit détour pour admirer les chutes de Godafoss (chute des Dieux). Ces chutes de 12 mètres sont très faciles d’accès car elle se trouve à proximité de la route N°1. L’histoire raconte qu’en l’an 1000, le « diseur de loi » à Althing (le parlement) fit accepter à ses compatriotes la religion chrétienne. Il précipita ensuite les effigies des dieux nordiques (godars) devenus païens dans cette cascade ( foss)… d’où son nom.
A Husavik, nous trouvons un camping et évidement comme toujours un autre defender. Celui-ci provient des Pays Bas. Le couple et les enfants dorment dans deux tentes installées sur le toit. Il pleut et il fait froid mais heureusement le lendemain, le ciel est bleu. C’est parfait pour entreprendre une sortie en mer. Ici le tourisme de la baleine bat son plein même si historiquement ce port n’a jamais pratiqué la pêche à la baleine. Deux organisations « Gentle Giants » et « Whale Watching », disposant de bateaux de pêche aménagés, proposent des sorties en mer à la rencontre des baleines à bosse, des orques épaulards, des rorquals, des dauphins et des marsouins qui abondent au large et que l’on rencontre presque immanquablement. Selon les statistiques tenues par les organisations locales, il y a 47% de chance d’observer un rorqual et 74% de chance d’observer une baleine à bosse. Dès qu’un mammifère marin est en vue, le capitaine essaye de s’en approcher. Le voyage en mer dure 3 heures et afin de ne pas avoir froid, nous mettons beaucoup de couches de vêtements sur nous. Nous somme impressionnés par la rencontre de ces grands animaux gracieux. Nous aurons l’opportunité de suivre plusieurs rorquals et baleines à bosse. Les macareux sont aussi de la partie. Ils courent sur l’eau avant de s’envoler, ils sont drôles.
Philippe et Céline ont tellement aimés qu’ils en redemandent. Hélène, Jean-Loup, et Elisabeth n’en sont capable car les vagues sont fréquentes et trois heures de roulis, c’est assez ! Le deuxième voyage est encore plus intéressant, car les baleines s’approchent du bateau.
Au cœur des gorges de la Jökulsa, Dettifoss est la plus puissante chute d’eau d’Europe avec ses 44 mètres de haut et ses 100 mètres de large.
Mývatn est un haut lieu du volcanisme. Partout, les cratères, les champs de lave, les sources d‘eau chaude, les solfatares, les fumerolles trahissent la proximité de la fracture de l‘écorce terrestre qui lentement mais inéxorablement déchire l‘Islande. Les secousses telluriques ont lieu presque quotidiennement. La richesse exeptionnelle de la flore et de la faune du lac lui a valu d‘être classé zone protégé en 1974. CE statut particulier lui assure une protetion supérieure à celle dont jouissent les parcs nationaux et les reserves naturelles. Le champ géothermique de Hverarönd constitue un spectacle fascinant. Malgé la forte odeur de souffre, nous nous promenons dans le site balisé et nous pouvons admirer la force de la nature. Nous faisons le tour du lac à la recherche d‘un camping un peu à l‘écart de l‘eau. En effet, les moucherons qui ont donné leur nom au lac ( Mý signifie moucheron) ne piquent pas mais peuvent devenir vraiment agaçants.
A proximité du lac se trouve les grottes de Grjótagjá. L‘accès est facile. Les grottes sont remplies d‘eau chaude et étaient autrefois appréciées pour la baignade mais l‘eau y est devenue trop chaude.
Dominant la région, de cratère Hverfjall nous intrigue: sa forme est parfaite ( 160m de haut et 1040m de diamètre). C‘est un cratère d‘explosion vieux de 2500 ans. Nous y accédons par la route 1 puis par une petite piste qui mène au pied du cratère.
Au sommet nous pouvons voir les alentours: lacs, coulée de lave, montagnes colorée de dépots de soufre jaune, vert, blanc, rose. La pluie réduit malheureusement l‘horizon.
Notre objectif suivant est la piste 88 qui mène à l’Askja. Cette piste part de la route 1à l’Est de Mývatn et est réservée exclusivement au 4x4 (comme la plupart des pistes, certaines étant même interdites au SUV). La piste se dégrade assez vite. Vive la tôle ondulée ! Puis arrive très vite une série de collines noires à franchir. Parmi les étendues de sable noir, nous retrouvons des zones de plantations de l’élyme des sables. Le lichen émerge sous forme de coussinets et quelques saules nains résistent au vent et au froid. La piste traverse un vaste champ de lave et ses dénivelés. Les roches se couvrent par endroits de sable ou de pierre ponce. Nous sommes bien à l’abri dans notre véhicule qui avance sans peine et nous croisons quelques courageux cyclistes qui solitaire ou par couple, bravent les intempéries, les difficultés du terrain (et il y en a beaucoup).
Le Herðubreið et l’Askja sont distants de 35 km. La piste qui les relie traverse les champs de pierre ponce de Vikursandur. Au nord de l’Askja, le paysage s’ouvre sur la plaine austère de l'Odadahraun.
Après la descente de l’Askja, nous suivons les conseils d’un Français habitant en Islande. Ce propriétaire d’un 130 nous avait accosté au camping de Mývatn et nous avait indiqué une piste intéressante à suivre. Cette piste, la 902, sur sable noir mène au refuge de Sigurdarskali. Au pied du refuge, nous empruntons un chemin qui conduit à proximité d’une langue du glacier Vatnajökul. Les enfants sont fatigués par le long trajet déjà parcouru mais les parents sont désireux d’en voir toujours plus. Au refuge, nous payons un léger supplément pour avoir accès aux cuisines. C’est super, nous pouvons rester au chaud. Toute cette route n’était pas prévue mais nous ne regrettons rien. En 1996, c’est dans ce glacier près de ce refuge qu’une éruption volcanique a eu lieu. Avec un guide, il y a possibilité d’aller contempler des sources d’eau chaude dans le glacier. Il faut compter 6 à 8 heures de marches aller-retour.
Ce matin, c’est un peu difficile de quitter le refuge car le lendemain, nous reprenons le bateau. Il fait beau et nous prenons la piste 903 puis la piste 90 jusqu’à Bru où nous prenons du carburant ( il était temps ) et 5 glaces. Les pistes traversées sont étonnantes. Nous nous amusons à les comparer aux pistes que nous avons déjà parcourues dans le Sahara. Ici les dunes ne sont pas oranges mais noires. Après le sable, nous roulons dans la toundra et passons quelques gués. Nous faisons un détour pour aller voir, le fameux barrage toujours en construction qui a déjà fait l’objet de nombreuse contestation de la part des écologistes Islandais. Ce dernier servira à alimenter une usine d’aluminium. Nous choisissons, pour notre dernière soirée, une piste de 12 km pour retrouver un refuge au pied du mont Snaefell dont les 1833 m domine la vallée. Et là au refuge Snaefellsskali, il y a de nouveau une piste pour accéder au glacier. Nous pouvons même un peu marcher dessus. Au retour, nous apercevons un troupeau de rennes. Le dernier jour est arrivé. Nous déjeunons dans la plus grande forêt d’Islande Hallormsstadarskogur, près du lac Logurinn. Situé au Sud d’Egilstadir, le lac est repérable à sa forme allongée. Nous quittons le port de Seydisfjordur le cœur serré mais contents. Le soleil brille, il fait bon. En sortant du port, nous essayons de capter encore les dernières images du fjord. Nous n’oublierons jamais notre escapade en Islande. Nous y reviendrons, nous n’avons pas tout vu ….
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