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Islande 2008

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Un land, un rêve,un voyage inoubliable!

Islande, pays de feu et de glace. Jean-loup, Céline, Hélène et leurs parents Elisabeth et Philippe, nous voila!

Depuis huit mois, nous préparons avec plaisir cette nouvelle aventure. Philippe révise le 130. Cette fois encore un gros entretien  suffira. Décidément, du haut de ses 165000km, il nous étonnera toujours. Par mesure de précaution, nous emportons avec nous quelques pièces telles que pompe à eau, pompe de direction assistée, cardans, joins et autres consommables. Nous prenons soin de bien vérifier l'étanchéité du snorkel qui sera utile lors des nombreux passages à gué. Afin de faire face aux intempéries nous décidons que les enfants dormiront dans la tente de toit posée sur le hard top et les parents dans la benne aménagée pour l'occasion. Notre choix s'arrête aussi sur l'utilisation d'une tente pouvant s'adapter avec précision à l'arrière du véhicule. Cette dernière, enfin nous l'espérons, doit nous permettre de rester au sec lors de nos bivouacs.
L'itinéraire est préparé suivant l'expérience d'internautes, quelques vidéos et photos trouvées via Google Earth. Le roadbook est minutieusement préparé afin de  pouvoir visiter tous les endroits que nous voulons découvrir sans pour autant fatiguer les enfants.
Nous embarquons samedi 28 juin à 22h30 sur le Norrona au port de Hanstholm (Danemark). La mer est calme. Une bonne nuit de repos, bien méritée afin de récupérer les 1000km déjà parcourus, nous fait le plus grand bien. Après 34h de croisière, nous faisons escale trois jours aux Iles Féroé.


Les îles Féroé constituent un groupe de 18 îles situées dans le nord de l'Europe, entre la mer de Norvège et le nord de l'Océan Atlantique, approximativement équidistantes de l'Islande, de la Norvège et de l'Écosse. Le climat des îles est océanique, aux étés frais et hivers doux, à la différence près que les brouillards sont fréquents et que les vents sont forts. Les côtes des îles sont accidentées et rocheuses, même s'il y a quelques crêtes basses ; la plupart des côtes sont des falaises. Le point le plus haut est Slættaratindur qui culmine à 882 mètres au-dessus du niveau de la mer. Grâce aux tunnels sous la mer et ponts, nous passons d’une île à l’autre et nous sillonnons dans les îles  Borðoy, Viðoy, Kunoy, Eysturoy, Streymoy, Vágar . Les autres îles ne sont accessibles qu’en Ferry. Malgré la pluie, nous pouvons admirer de magnifiques paysages. Nous goûtons déjà aux plaisirs du Nord : lumière, air pur, nature resplendissante, faune (oiseau, macareux, phoques).
Au port de Thorsavn, nous retrouvons notre bateau afin de terminer la traversée (17 heures). Nous débarquons au port de Seydisfjordur sous la pluie et le brouillard et après vérification des douaniers concernant la nourriture et les boissons alcoolisées, nous pouvons enfin commencer nos vraies vacances.


A Steinasofn, nous visitons le musée minéralogique de Pétru avant de parcourir les fjords de l’Est : les hauts des montagnes sont enneigés mais petit à petit les nuages arrivent et la pluie suit. La visibilité diminue. Ces fjords constituent la partie géologique la plus ancienne du pays, ce qui explique la grande richesse des ressources minérales. Sur la lagune, il y a de nombreux cygnes.
Quel plaisir de trouver un camping après sept Kilomètres de piste ( Camping de Fjallaferðir) : la nature est superbe. Nous sommes seuls au monde, ou presque car après minuit une famille islandaise arrive. Et oui, il fait clair toute la nuit. C’est vrai. Le soleil quitte l’horizon vers 23h30 et réapparait vers 2h30.


Nous continuons notre route vers le sud-est . Cette partie est dominée par le plus grand glacier européen : 8.400 Km carré soit un douzième du territoire islandais et 1 km d’épaisseur de glace par endroits. Le Vatnajökull et aussi grand que la Corse. En islandais, il signifie « glacier des eaux » (vatna pour eau et jökull pour glacier). Nous prenons comme prévu une piste vers une langue du glacier « Hoffellsjökull ». Nous attendons que le brouillard se lève, nous déjeunons … et petit à petit : magique, nous découvrons  un lac, des blocs de glace, le glacier. Après une petite randonnée afin d’approcher de plus près et prendre quelques photos, nous retrouvons la route N°1 que nous avons quittée.
Direction Jökulsárlón, le plus fameux et le plus grand des quelques lacs glaciaires en Islande. Il se trouve au sud du glacier Vatnajökull entre le Parc national de Skaftafell et la ville de Höfn. Sa profondeur maximum de 150 m lui donne la troisième place entre les lacs les plus profonds du pays.


Nous n’en croyons pas nos yeux devant une telle beauté. En effet, le lagon est formé par l’arrivée d’une langue du glacier (appelée le Breidamerkurjökull). L’eau de mer se mélange à l’eau douce. Les gros blocs de glace sont toujours en mouvement. Pour admirer de plus près ce paysage polaire, nous utilisons des bateau amphibiens (comme dans  « Lara Croft »). Nous voguons parmi les icebergs. Nous n’arrêtons pas de filmer, photographier. Par chance nous observons 2 phoques. Les oiseaux, eux, sont nombreux tout au long du littoral. Au bord du lac, il faut faire attention aux attaques des skúas, les grands goélands bruns qui ont leurs nids sur le sol. Difficile de quitter cet endroit. Plus loin, nous prenons la piste qui mène au Fjallsarlon. Ce lac est également formé par la fonte d’une coulée du glacier.  Encore splendide ! Ici, il y a moins de touristes,  piste oblige. Nous dînons sur place afin de bénéficier encore de ce décor. Décidément, nous commençons à vivre telle la famille islandaise de la nuit précédente : tant qu’il fait beau, profitons-en. La lumière change constamment. Le paysage est sans cesse modifié par l’ombre des nuages en mouvement. Pour cette journée au pays de la glace, Philippe a fait pas moins de 1000 photos.
Une courte nuit de repos à svinafell (http://www.svinafell.com/) et nous nous dirigeons vers le parc national de Skatafell. Nous prenons une bifurcation sur une piste de 2 km afin d’arriver à une nouvelle langue du glacier, le Svinafellsjökull. Moins impressionnant que le jour précédent. Est-ce dû au brouillard ? Le parc national est un oasis de verdure contrastant avec la pleine grise. Nous parquons le 130 le plus haut possible puis nous allons à pied jusqu’à la cascade de Svartifoss et ses orgues basaltiques très géométriques.

Après la partie Glace, nous attaquons la partie Feu.

Nous campons 2 nuits à Klaustur et là rencontrons un couple islandais bien sympathique. Nous échangeons du poisson séché contre du chocolat belge. Le monsieur, autocariste retraité, nous donne des conseils concernant les différentes pistes du pays, les passages à gué et nous raconte des histoires de trolls. A partir de Klaustur, nous partons en expédition, un jour autour du Lakagigar. La piste fait une boucle de 110 km. D’abord facile, ensuite les passages à gué se succèdent sans pour autant être difficiles. Arrivés au mont Laki, nous continuons le circuit dans les cratères, les déversements de lave, la route cendrée.

Il y a près de 130 cratères dans le parc. Le paysage est grandiose et bien sûr très impressionnant : la mousse (on s’enfonce dedans), les quelques fleurs, les oiseaux redonnent une nouvelle vie à ce décor apocalyptique. On se croirait un peu après la création de la terre, quand le feu s’est éteint. Les enfants aiment les passages aquatiques, les parents s’amusent à photographier et filmer dans un sens puis dans l’autre. Le 130 en profite pleinement. Finalement le tour nous aura pris plus de 10h, mais cela en valait vraiment la peine. Un adage islandais dit que l’on n’est véritablement un homme qu’après avoir bouclé cette piste.

Le site suivant que nous visitons est le landmannalaugar. Ce site volcanique est d’une beauté exceptionnelle. Il fait partie de la réserve naturelle de Fjallabak. Nous empruntons la piste 208 pendant 38 km, grandiose : teintes noire (montagnes), blanche (neige), jaune (terres, pleines), verte phosphorescente (mousse), bleue (eau). Et pour la joie des petits et des grands : passages à gué nombreux. Nous passons en 2ème vitesse boite courte car ça éclabousse un peu plus. Nous passons la nuit au refuge du Landmannalaugar et prenons un bain de minuit dans les bassines naturelles d’eau chaude. Instant  magique !!!  Les sources d’eau chaude et froide se rejoignent et se mélangent.

Le soleil a brillé toute la journée, sous le ciel bleu, que la montagne est belle ! Le lendemain, nous roulons sur la piste 210 mais face à de la neige encore trop présente sur la piste et sur une hauteur trop importante nous devons rebrousser chemin pour emprunter la piste 26 plus aisée qui nous conduit jusqu’à Hella sur la route N°1.
En chemin, nous avons découvert un grand lac et des cavaliers en randonnée. Le cheval islandais, qui n'est pas un poney (1M25 à 1M45 au garrot) est arrivé en Islande avec les Vikings il y a plus de 1000 ans et n'a jamais été croisé avec une autre race. Il possède la particularité d'avoir cinq allures : le pas, le trot, le galop, le tölt (allure marchée en 4 temps, confortable pour le cavalier qui n'est pas secoué lors d'un trajet long et permettant des vitesses variables) et l'amble. Le tölt est visible par l'allure altière du cheval et par les ondulations régulières de la queue.


Ce petit cheval est très apprécié, car il est docile, courageux, endurant, intelligent, a le pied sûr, l'humeur égale ; il se nourrit de façon frugale (herbe et 7kg de foin par jour), il est facile à entretenir, il peut porter des charges considérables et collabore harmonieusement avec le cavalier, bref c'est un compagnon idéal. Ce cheval n'en est pas pour autant un jouet pour enfant. Débourré entre l'âge de 4 et 5 ans, il est adulte à 7 ans et vit entre 30 et 40 ans. Il offre une véritable panoplie de couleurs puisque toutes les robes sont admises.  Ces moments partagés avec les cavaliers sont extrêmement enrichissants d’autant plus que le propriétaire des chevaux roule dans un 130.


Saoulés d’images plus belles les unes que les autres, nous continuons  sur la route circulaire vers Vik distant de 93 km. Avant d’arriver à Vik, nous empruntons la route 218 vers Dirholaey. Au parking, à gauche, sur les falaises nichent des macareux. Nous les observons de près. La vue plongeante sur la plage de sable noir est exceptionnelle. A Vik, nous profitons de ce sable noir. C’est vrai qu’il y a du vent mais le soleil brille alors qu’ici il pleut normalement souvent.

Bien habillés nous nous promenons sur la plage, cataloguée comme l’une des 10 plus belles du monde et nous ramassons de jolis galets noirs. Nous rebroussons chemin pour accéder à Reynisdrangur : encore un beau point de vue, à coté de falaises composées de roche basaltique. Les macareux s’amusent sur l’eau. Pour dormir, nous prenons la piste 214, 5km après Vik. Cette piste de 15 km est évidement très belle : roches, bras de mer et soleil couchant. Le camping de Thakgil se trouve en bout de course (http://www.thakgil.is).

Le lendemain, le soleil brille toujours (nous sommes veinards). Après quelques achats souvenirs à Vik, nous choisissons de prendre la route 1 puis la piste 249 jusque Thormörk. La piste nous semble longue (2 heures) et manque d’intérêt par rapport à ce que l’on a déjà vu avant. Sur la piste, il y a beaucoup de cailloux. Evidemment, c’est amusant de passer les gués, ils sont de plus en plus profonds et se passent en première boite courte impérativement. Le débit est tellement important par endroit qu’il est impossible d’aller les sonder  préalablement. Nous les passons au moral en faisant entière confiance au véhicule et ses capacités de franchissement. Nous dormons en bout de piste au dernier refuge de la vallée, entre les glaciers Myrdalsjökull et Eyfjallajökull.

Dès 8h, nous sommes déjà en route. Nous n’avons pas mis la tente à l’arrière du véhicule car il faisait bon. Ce matin les gués sont moins impressionnants, le débit étant beaucoup plus faible. La fonte des glaces a une influence considérable sur le débit entre le début et la fin de la journée.  La piste est finie en 1 heure. Les couleurs du matin sont belles également.
Dans la ville de Selfoss, nous nous ravitaillons dans un supermarché et cherchons une batterie à décharge lente pour remplacer la seconde batterie du véhicule. Philippe envoie quelques photos par internet. Après cet arrêt en ville, nous reprenons la route 35 pour Geysir et les chutes d’eau de Gulfoss 9 km plus loin.

Les touristes venant des circuits organisés à partir de Reykvavik sont nombreux car l’accès est facile et le parking juste à coté de ces merveilles que nous offre la nature.
Les geysers résultent du réchauffement des eaux infiltrées dans le sous sol par le magma qui, dans les régions volcaniques, remontent très près de la surface. Au contact de ces roches, l’eau se transforme en vapeur et, lorsque la pression devient trop forte, une colonne d’eau bouillonnante et de vapeur se forme et se propulse en un formidable jaillissement... Puis la faille se remplit à nouveau et le phénomène recommence.
La cascade de Gulfoss «  la chute d’or » comporte deux niveaux, se jette d’une hauteur totale de 32 m avant de se précipiter dans un étroit ravin orné d’orgues basaltiques. Grâces à des sentiers, nous pouvons approcher de près ces impressionnantes volutes d’eau et quelle chance, admirer un bel arc en ciel sur le site.


Avant de partir en Islande, nous avions préparé le voyage avec soin mais nous n’avions pas pris connaissance de l’existence du club « Island Rover ». Heureusement, un couple suisse voyageant en 110 nous a interpellé à Klaustur en nous annonçant la rencontre annuelle du club islandais. Le club fête cette année ses 5 ans d’âge et les 60 ans de Land Rover les 11,12, et 13 juillet 2008 à Húnaver au nord de l’Islande. Nous approchons de cette date et n’hésitons pas à traverser le pays par le centre. Nous ne pouvons pas manquer un tel évènement. La piste F35 traverse le pays du sud au nord entre 2 glaciers le Langjökull et le Hofsjökull. Il y a beaucoup de cailloux, de remous. La piste s’étend dans un désert de pierres, au loin nous voyons les montagnes, les glaciers. Nous campons au refuge de Hveravellir. Super le décor : marmites de boue, jets de vapeur, et surtout baignade le soir dans une cuvette d’eau chaude sulfurée. Un apport d’eau froide est nécessaire. Le lendemain, il y a beaucoup de vent et l’aide de deux islandais immobilisés par une panne de radiateur sur leur unimog n’est pas de trop pour enlever la tente. Un petit tour du véhicule avant de reprendre la piste nous permet de constater que la chambre à aire arrière droite fuit. Heureusement, pas loin de nous un couple islandais en 110 et allant à la rencontre LandRover contacte un garagiste à Blönduós. Le nécessaire est fait afin de nous  permettre de résoudre ce petit problème le plus rapidement possible. Nous continuons donc  par la piste F35 puis la route 1 jusqu’à Blonduos. Le garagiste ouvre spécialement son garage le samedi , nous dépanne et le tout pour un tarif tout à fait raisonnable, le sourire en plus.


Enfin, nous arrivons au camp de rassemblement LandRover , mais trop tardivement, il est déjà 17h. Les festivités du jour sont presque finies. Cependant nous prenons plaisir à contempler toutes les Land Rover présentes. Difficile de faire passer l’émotion,  mais pour la première fois nous avons vraiment eu l’impression que notre defender 130 était un petit véhicule en rapport à ceux arrangés par nos chers hôtes. Les véhicules islandais présents sont tous rehaussés afin de répondre à leur plus grande passion, la conduite sur glacier. Pneumatiques démesurés, rehaussement, cellule amovible, bloquage de ponts, et accessoires les plus ingénieux les uns que les autres sont là. Un jury inspecte les véhicules afin de pouvoir remettre en soirée différents prix tels le meilleur équipement, la meilleure restauration,… Le soir, dans la salle du camping, un bal est donné. Nous pouvons acheter des souvenirs du club IslandRover (T-shirts, couverture, verres, vestes) et admirer les photos prises durant les différentes ballades du club. C’est  bien à ce moment que nous comprenons que la préparation des véhicules n’est pas innocente et qu’elle n’est qu’un strict minimum pour emprunter les pistes pendant la période hivernale. Le président du club nous intègre dans les représentants LandRover internationaux. Le verre de l’amitié est partagé entre Islandais, Suisses, Autrichiens, Allemands, Italiens, et Belges. Le lendemain est  une journée libre au programme. Après les belles rencontres et discussions les plus enrichissantes et passionnées sur le pays et nos véhicules, nous rebroussons chemin pour revenir vers le sud. Nous reprenons la piste F35 dans l’autre sens.

Aie !!! Un bruit suspect en dessous de la voiture nous signale que la piste fait des ravages. Nous nous installons au camping de Thingvellir où Philippe peut chercher le problème. Il est 1 heure du matin, il fait clair.

Le problème vient d’une rotule qui ne demande qu’à être remplacée. Il est intéressant de constater que dans chaque camping où nous logons, dans chaque parking où nous stoppons, il y a toujours un def.   Quel plaisir, un Land est tout à fait à l’aise en Islande. Cette fois, nous ne sommes pas loin de deux 110. Philippe change la rotule avec l’aide d’un conducteur autrichien. Un autre conducteur allemand nous signale que le garage Land Rover de Reykjavik n’est qu’à 40 km d’ici. Il nous explique brièvement comment s’y rendre. La rotule replacée, nous décidons de nous rendre au garage. Tout est bon, nous revenons ensuite à Thingvellir où nous pouvons admirer le fossé d’effondrement causé par la dérive des continents. Ce fossé s’écarte de 5 mm par an. Nous nous trouvons à cheval entre le Nouveau Monde et l’Ancien. Le lac de Thingvallavatn est le deuxième lac d’Islande et est peuplé d’oies, de canards, ainsi que de cygnes.


Cent quatorze kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à Krisuvik, où il est possible de contempler des phénomènes géothermiques. Nous sommes impressionnés par la diversité des phénomènes observables sur une superficie inférieure à un hectare : solfatares (un type de terrain géologique où se dégage, par des fissures, de la vapeur d'eau contenant de l'hydrogène sulfuré), fumerolles (composées de soufre et de ces dérivés, notamment l'anhydride sulfureux, l'acide sulfurique et le dioxyde de soufre … La température des fumerolles en degrés Celsius va de 100° à plus de 500°), marmites de boues bouillonnantes, dépôts sulfureux et geysers.

Vu les hautes températures, il est vivement conseillé de ne pas s’écarter des sentiers et des passerelles qui permettent d’observer de près. En effet le sol particulièrement fragilisé par la chaleur souterraine peut s’affaisser à tout moment et précipiter les imprudents dans les gueules ardentes. Tout cela est bien fascinant mais l’odeur d’œuf pourri qui se dégage de ce décor inquiétant est nauséabonde. A proximité de Grindavik, une centrale Svartsengi exploite une zone géothermique et permet de chauffer les maisons et l’eau courante de la capitale et de ses environs. Les surplus des eaux de captage de la centrale forme un lac bien connu sous le nom du « Lagon Bleu »

L’eau est puisée à deux kilomètres sous terre où, chauffée par le magma en fusion, elle atteint 240 °C. L’eau est acheminée par des canalisations et arrive à la surface à une température de 70°C environ. Naturellement riche en sels et en silices, l’eau a paru ainsi propice à la création d’un bassin de cure thermale et d’un lieu de détente. La couleur de l’eau est à la fois laiteuse et turquoise. Nous irons aussi goûter au plaisir des piscines extérieures dans d’autres villes et villages. L’eau des sources est toujours chauffée de manière naturelle et les piscines sont agrémentées de sauna, solarium, jacuzzi, et toboggans de toutes sortes.
Nous pourrions visiter Reykjavik, mais le passage au garage LandRover nous a suffit et nous préférons continuer et chercher un camping sympa dans les fjords qui suivent la ville. La nature nous attire plus que les  visites en ville. A Bjarteyjarsandu dans le fjord Hvalfjordur, nous trouvons une ferme dont les habitants proposent un service camping. C’est très sympathique : la grange est aménagée et nous pouvons cuisiner, manger, faire la vaisselle à l’intérieur bien au chaud en écoutant de la musique originaire du pays. Beaucoup moins baroudeur mais quel luxe !!! Après un bon petit déjeuner dehors au soleil (et les chiens de la ferme autour de nous), nous partons par la route N1 vers le Nord du pays. Sur une carte touristique que nous avons reçue sur le bateau, Céline, notre fille, toujours avide de nature, et de découverte a repéré un endroit où vivent les phoques. Ils se trouvent sur la péninsule du Vatnsnes. Nous quittons donc ainsi  la route circulaire pour la route 72, puis la 711.

En chemin, nous faisons halte dans un camping particulier. Nous pouvons mettre notre tente sur une petite pelouse à coté d’une cabane en bois devant l’océan. Comme décor nous avons des poissons qui sèchent sur des structures en bois devant l’océan. Le poisson séché (harðfiskur) fut longtemps l’alimentation de base de la population et la pierre angulaire du commerce islandais durant des siècles. Actuellement, on en trouve dans tous les magasins d’alimentation. Bien sûr, nous mangeons pendant notre voyage beaucoup de poissons frais, surgelés, séchés ainsi que des crustacés. Simplement cuits à la poêle, ils feront pour nous office de festin.

Nous parcourons donc la péninsule de Vatnsnes en espérant apercevoir quelques phoques. La route fait le tour en longeant la côte, ce qui permet de profiter des multiples points de vue sur la péninsule du Nord-Ouest d’un côté et les cimes enneigées du massif de Laxardalsfjoll de l’autre.

Nos attentes seront comblées car nous pouvons observer des colonies de phoques dans quatre endroits différents : au bout de deux chemins renseignés par des panneaux au bord de la route, sur la baie de Hindisvik, et sur la plage d’Osar. Nous ne pensions pas voir autant de phoques. Le spectacle est magnifique : les nombreux phoques se reposent au soleil, se prélassent sur les rochers. Une islandaise nous conseille de frapper dans les mains car les phoques sont curieux. Dans le ciel, les hirondelles des mers (sternes artiques) luttent vaillament contre les grands vents tandis que la crinière au vent, les petits chevaux islandais foulent le sol de leur tölt caractéristique.
Dans la baie d’Hindisvik, les phoques profitent de la marée basse pour venir jouer sur la grève, tandis que les eiders (oiseaux voisins des canards) et les sternes nidifient au milieu d’une vaste étendue d’élymes de sables, grandes graminées de couleur vert pastel. La lagune est séparée de la mer par une petite dune de sable noir, Pingeyrasandur, dont les flancs ont été également colonisés par cette espèce végétale. L’élyme des sables doit son nom islandais, « melgras » (herbe à farine), au fait que, voisin de l’orge, elle servait jadis à faire de la farine. Aujourd’hui, les agronomes l’utilisent pour peupler les immenses étendues désertiques du centre de l’Islande. En effet, sa capacité à retenir le sable permet de freiner l’érosion du sol et d’encourager l’apparition de plantes fourragères.
Au nord d’Osar, sur la côte Est, surgit des hauts fonds rocheux une étonnante arche de basalte blanchi par le guano, Hvitserkur (la chemise blanche). Selon la légende, ce portail naturel serait un troll, transformé en pierre par le soleil (les trolls ne peuvent pas survivre à l lumière du jour) alors qu’il se rendait au monastère de Pingeyrar pour le détruire.


Notre objectif suivant est la ville de Husavik, la capitale d’observation des baleines en Europe. Pour y arriver, nous ne prenons pas la route 1 car nous aimons longer l’océan. Le détour par la route 76 vaut la peine : beaux paysages de fjords, océan, prairies vertes, chevaux et visite de la ville de Siglufjördur (http://www.siglo.is). Cette ville, la plus au nord de l’Islande, localisée au fond d’un fjord, adossée à de splendides montagnes émaillées de neige, compte près de 2000 habitants mais sa population ne cesse de décliner. Ancienne capitale du hareng, elle est victime du déclin de la pêche qui frappa l’ensemble du littoral. Aujourd’hui la pêche à la crevette est plus lucrative. Devant le musée du hareng, sur un fond d’accordéon, 2 femmes nettoient les poissons, salent, un homme cercle le tonneau et le ferme sur l’air amusé des passants. Avant de nous rendre à Husavik, nous faisons un petit détour pour admirer les chutes de Godafoss (chute des Dieux). Ces chutes de 12 mètres sont très faciles d’accès car elle se trouve à proximité de la route N°1. L’histoire raconte qu’en l’an 1000, le « diseur de loi » à Althing (le parlement) fit accepter à ses compatriotes la religion chrétienne. Il précipita ensuite les effigies des dieux nordiques (godars) devenus païens dans cette cascade ( foss)… d’où son nom.
A Husavik, nous trouvons un camping et évidement comme toujours un autre defender. Celui-ci provient des Pays Bas. Le couple et les enfants dorment dans deux tentes installées sur le toit. Il pleut et il fait froid mais heureusement le lendemain, le ciel est bleu. C’est parfait pour entreprendre une sortie en mer. Ici le tourisme de la baleine bat son plein même si historiquement ce port n’a jamais pratiqué la pêche à la baleine. Deux organisations « Gentle Giants » et « Whale Watching », disposant de bateaux de pêche aménagés, proposent des sorties en mer à la rencontre des baleines à bosse, des orques épaulards, des rorquals, des dauphins et des marsouins qui abondent au large et que l’on rencontre presque immanquablement. Selon les statistiques tenues par les organisations locales, il y a 47% de chance d’observer un rorqual et 74% de chance d’observer une baleine à bosse. Dès qu’un mammifère marin est en vue, le capitaine essaye de s’en approcher. Le voyage en mer dure 3 heures et afin de ne pas avoir froid, nous mettons beaucoup de couches de vêtements sur nous. Nous somme impressionnés par la rencontre de ces grands animaux gracieux. Nous aurons l’opportunité de suivre plusieurs rorquals et baleines à bosse. Les macareux sont aussi de la partie. Ils courent sur l’eau avant de s’envoler, ils sont drôles.
Philippe et Céline ont tellement aimés qu’ils en redemandent. Hélène, Jean-Loup, et Elisabeth n’en sont capable car les vagues sont fréquentes et trois heures de roulis, c’est assez ! Le deuxième voyage est encore plus intéressant, car les baleines s’approchent du bateau.

Chaque baleine à son nom, le capitaine les reconnaît aux blessures et signes particuliers sur la queue. Celle qu’il appelle Fred montre ses yeux et saute par deux fois hors de l’eau. Désolé, nous n’avons pas de photo tant nous avons été saisis par ce comportement. Décidément, l’Islande dépasse toutes nos attentes et ce n’est pas fini. Après quelques emplettes dans les boutiques souvenirs, nous quittons Husavik par la route 85 puis la piste 862. La piste est agréable. Nous laissons dernière nous l’océan, les herbes vertes et nous allons dans un désert gris où isolées, les chutes de Dettifoss et Selfoss sont très belles et impressionnantes.
Au cœur des gorges de la Jökulsa, Dettifoss est la plus puissante chute d’eau d’Europe avec ses 44 mètres de haut et ses 100 mètres de large.

Après tant de merveilles, notre voyage se poursuit dans la région du lac de Mývatn.
Mývatn est un haut lieu du volcanisme. Partout, les cratères, les champs de lave, les sources d‘eau chaude, les solfatares, les fumerolles trahissent la proximité de la fracture de l‘écorce terrestre qui lentement mais inéxorablement déchire l‘Islande. Les secousses telluriques ont lieu presque quotidiennement. La richesse exeptionnelle de la flore et de la faune du lac lui a valu d‘être classé zone protégé en 1974. CE statut particulier lui assure une protetion supérieure à celle dont jouissent les parcs nationaux et les reserves naturelles. Le champ géothermique de Hverarönd constitue un spectacle fascinant. Malgé la forte odeur de souffre, nous nous promenons dans le site balisé et nous pouvons admirer la force de la nature. Nous faisons le tour du lac à la recherche d‘un camping un peu à l‘écart de l‘eau. En effet, les moucherons qui ont donné leur nom au lac ( Mý signifie moucheron) ne piquent pas mais peuvent devenir vraiment agaçants.
A proximité du lac se trouve les grottes de Grjótagjá. L‘accès est facile. Les grottes sont remplies d‘eau chaude et étaient autrefois appréciées pour la baignade mais l‘eau y est devenue trop chaude.
Dominant la région, de cratère Hverfjall nous intrigue: sa forme est parfaite ( 160m de haut et 1040m de diamètre). C‘est un cratère d‘explosion vieux de 2500 ans. Nous y accédons par la route 1 puis par une petite piste qui mène au pied du cratère.
Au sommet nous pouvons voir les alentours: lacs, coulée de lave, montagnes colorée de dépots de soufre jaune, vert, blanc, rose. La pluie réduit malheureusement l‘horizon.
Notre objectif suivant est la piste 88 qui mène à l’Askja. Cette piste part de la route 1à l’Est de Mývatn et est réservée exclusivement au 4x4 (comme la plupart des pistes, certaines étant même interdites au SUV). La piste se dégrade assez vite. Vive la tôle ondulée ! Puis arrive très vite une série de collines noires à franchir. Parmi les étendues de sable noir, nous retrouvons des zones de plantations de l’élyme des sables. Le lichen émerge sous forme de coussinets et quelques saules nains résistent au vent et au froid. La piste traverse un vaste champ de lave et ses dénivelés. Les roches se couvrent par endroits de sable ou de pierre ponce. Nous sommes bien à l’abri dans notre véhicule qui avance sans peine et nous croisons quelques courageux cyclistes qui solitaire ou par couple, bravent les intempéries, les difficultés du terrain (et il y en a beaucoup).
Le Herðubreið et l’Askja sont distants de 35 km. La piste qui les relie traverse les champs de pierre ponce de Vikursandur. Au nord de l’Askja, le paysage s’ouvre sur la plaine austère de l'Odadahraun.

Nous conduisons dans ce champ de lave le plus grand du monde (3000 km2). Le complexe volcanique de l’Askja est constitué de trois Caldeiras emboitées, dont la superficie totale est de 45 km2. Nous marchons une heure en empruntant un sentier qui s’élève le long des parois et nous conduit à l’intérieur du cratère. Balayés par le vent glacial, nous avançons jusqu’à un panorama merveilleux : le bleu du lac d’öskjovatn (le plus profond du pays avec 217m) superposé à la couleur laiteuse et sulfureuse de cratère Víti. Philippe et les enfants enfilent leurs maillots et plongent pour le fun dans l’eau chaude sulfureuse. Elisabeth tient les serviettes et les manteaux. Quelle aventure !
Après la descente de l’Askja, nous suivons les conseils d’un Français habitant en Islande. Ce propriétaire d’un 130 nous avait accosté au camping de Mývatn et nous avait indiqué une piste intéressante à suivre. Cette piste, la 902, sur sable noir mène au refuge de Sigurdarskali. Au pied du refuge, nous empruntons un chemin qui conduit à proximité d’une langue du glacier Vatnajökul. Les enfants sont fatigués par le long trajet déjà parcouru mais les parents sont désireux d’en voir toujours plus. Au refuge, nous payons un léger supplément pour avoir accès aux cuisines. C’est super, nous pouvons rester au chaud. Toute cette route n’était pas prévue mais nous ne regrettons rien. En 1996, c’est dans ce glacier près de ce refuge qu’une éruption volcanique a eu lieu. Avec un guide, il y a possibilité d’aller contempler des sources d’eau chaude dans le glacier. Il faut compter 6 à 8 heures de marches aller-retour.
Ce matin, c’est un peu difficile de quitter le refuge car le lendemain, nous reprenons le bateau. Il fait beau et nous prenons la piste 903 puis la piste 90 jusqu’à Bru où nous prenons du carburant ( il était temps ) et 5 glaces. Les pistes traversées sont étonnantes. Nous nous amusons à les comparer aux pistes que nous avons déjà parcourues dans le Sahara. Ici les dunes ne sont pas oranges mais noires. Après le sable, nous roulons dans la toundra et passons quelques gués. Nous faisons un détour pour aller voir, le fameux barrage toujours en construction qui a déjà fait l’objet de nombreuse contestation de la part des écologistes Islandais. Ce dernier servira à alimenter une usine d’aluminium. Nous choisissons, pour notre dernière soirée, une piste de 12 km pour retrouver un refuge au pied du mont Snaefell dont les 1833 m domine la vallée. Et là au refuge Snaefellsskali, il y a de nouveau une piste pour accéder au glacier. Nous pouvons même un peu marcher dessus. Au retour, nous apercevons un troupeau de rennes. Le dernier jour est arrivé. Nous déjeunons dans la plus grande forêt d’Islande Hallormsstadarskogur, près du lac Logurinn. Situé au Sud d’Egilstadir, le lac est repérable à sa forme allongée. Nous quittons le port de Seydisfjordur le cœur serré mais contents. Le soleil brille, il fait bon. En sortant du port, nous essayons de capter encore les dernières images du fjord. Nous n’oublierons jamais notre escapade en Islande. Nous y reviendrons, nous n’avons pas tout vu ….






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